Tunisie • initiatives dans le pays

La Coopération italienne est présente en Tunisie depuis la fin des années 80. Un nouveau protocole d'accord a été signé en février 2017 définissant la programmation pour la période 2017-2020 et les ressources associées (165,5 millions d'euros) dont 100 sur le crédit d'aide et 65,5 sur le don), auquel s'ajoutent les engagements antérieurs pour un montant de plus de 300 millions d'euros. Par conséquent, le programme de Coopération italienne en Tunisie se compose actuellement d'un ensemble d'une cinquantaine d'initiatives pour un total d'environ 500 millions d'euros.

Avec le protocole d'accord 2017-2020, l'Italie a confirmé son soutien à la Tunisie en termes d'emploi et de développement économique, de développement régional et local, d'éducation publique, de migration en tant que vecteur de développement et de soutien au raccordement énergétique.

Développement économique

La Coopération italienne s’est déployée depuis plus de 30 ans en Tunisie, en fournissant des ressources pour la promotion du partenariat entre les deux pays et le développement économique et social en Tunisie.

La Coopération italienne intervient soit par le biais de mécanismes destinés aux opérateurs privés, à la fois à travers les lignes de soutien pour le budget de l'Etat, soit à travers le renforcement de l'assistance et des capacités techniques, en particulier dans les établissements publics. Parmi les initiatives phares de cette intervention, on peut citer: la ligne de crédit pour les petites et moyennes entreprises tunisiennes qui, avec un budget de 73 millions d’euros, vise à injecter de la liquidité dans le système bancaire tunisien en favorisant le partenariat commercial entre les opérateurs économiques italiennes et tunisiens; le programme de coopération technique pour soutenir le secteur privé, et dont l'objectif est de renforcer les capacités de l'administration publique par la promotion du partenariat entre les deux pays (3 millions d’euros) et l'aide au Programme de balance des paiements qui, à travers un financement des investissements publics en faveur des administrations locales, contribuent au rééquilibrage de la balance des paiements tunisiens (145 millions d’euro). D'autres initiatives en appui au secteur privé tunisien sont financés à partir des canaux multi-bilatéraux et multilatéraux à travers les Agences des Nations Unies. Parmi ceux-ci, il faut mentionner l'initiative de "Création de micro entreprises dans les Gouvernorats de Médenine et Tataouine", financée par l'AICS avec un montant à don de 1,7 millions d'euros et qui vise à la crèation d'environ 80 micro-entreprises gerés par jeunes et femmes de la région.

Un programme de ligne de crédit (programme "PRASOC") dédié au secteur agricole et à l’économie sociale et solidaire est en cours d’élaboration et s’élève à 57 millions d’euros (dont 50 millions d’euros comme crédit d'aide et 7 millions à don). Cette initiative constitue la première opération de crédit conjointe entre la Coopération italienne et Cassa Depositi e Prestiti, qui apportera ses fonds propres (20 millions d'euros sur un total de 50) pour la mise en œuvre de l'initiative.

Parmi les initiatives en phase de démarrage il faut mentionner le projet "Restart - Requalification ecologique et sociale des territoires à travers la relance de l'entrepreneuriat des jeunes en Tunisie", réalisé par l'ONG COSPE, qui vise à promouvoir l'emploi des jeunes à travers le développement d'entreprises sociales éco-durables dédiées à la valorisation et à la requalification des territoires de Jendouba, Sidi Bouzid, Gabès, Mahdia et Sousse.

Enfin, il y a à mentionner l'initiative "ProAgro: Appui au développement de micro-entreprises agro-alimentaires durables et à la création d'emplois dans les zones défavorisées de la Tunisie", réalisée par l'ONG italienne ICU et qui vise à contribuer à l'amélioration des conditions de vie en milieu rural tunisien en renforçant les micro-entreprises du secteur agroalimentaire. Avec le projet, les micro-entreprises du lait, des légumes, des dattes, des herbes aromatiques et médicinales, des filières oléicoles, dans les gouvernorats de Beja, Kasserine, Kebili, Le Kef, Mahdia et Sidi Bouzid auront une meilleure capacité de production, transformation et marketing et seront davantage intégrés dans les formes associatives et au sein de leur chaîne d'approvisionnement.

(Cliquez ICI pour consulter la brochure informative concernant le programme de ligne de crédit pour le PMEs)

 

Ci-dessous quelque unes parmi les fiches des projets du secteur développement économique:

                                   

                              

 

Décentralisation, développement local et régional

La Coopération italienne s’est engagée, depuis le début de sa présence dans la Tunisie, dans le domaine du développement intégré local et régional, surtout dans les régions les plus défavorisées du sud du pays. Aujourd’hui ces domaines d’intervention sont parmi les priorités du Gouvernement tunisien, qui a établi comme principe fondamental du Plan National de Développement 2016-2020 celui de la “discrimination positive” entre les régions et comme 4° axe prioritaire celui de la “Concrétisation des ambitions des régions”, avec le but de jeter les bases pour un développement homogène et cohérent, condition nécessaire pour la stabilité du pays.

La Coopération italienne réalise des nombreuses initiatives dans les zones prioritaires de Kebili, Tozeur, Médenine et Tataouine, pour permettre un développement intégré local, à travers le soutien pour la création d’emploi et pour la diversification des sources des revenus, sur l’amélioration du governance local, sur le renforcement des capacités des institutions locales en matière du développement économique et du marketing territoriale, le renforcement des productions agricoles et le soutien au revenu des familles rurales. L’engagement financier de l’Italie pour la réalisation des ces programmes s’élève aujourd’hui à presque 80 millions d’euros.

En outre, avec la signature du Mémorandum d’entente entre le Gouvernement de la République italienne et le Gouvernement de la République tunisienne sur la coopération au développement pour le période 2017-2020, l’Italie a voulu consolider son intervention dans ces secteurs qui sont fondamentaux, ensemble à un soutien pour le processus de décentralisation institutionnel, politique et administratif prévu par la nouvelle Constitution tunisienne, adoptée en 2014. Le concours italien pourra apporter une importante valeur ajoutée dans ce domaine, grâce à l’expérience de l’Italie dans le domaine de la décentralisation des autorités locales du notre Pays et grâce à la participation de la société civile.

Le programme PRODEC a récemment été approuvé, avec une financement de 25 millions d'euros pour améliorer l'accès aux services de 31 municipalités situées dans 10 gouvernorats tunisiens. Une initiative de partenariat pour le développement local, qui encouragera les échanges entre les municipalités italiennes et tunisiennes, est en phase de définition pour un financement d'environ 7 millions d'euros.

Un axe spécifique est également prévu pour les actions de stabilité et de développement socio-économique des régions du sud de la Tunisie, en particulier des régions côtières, avec une contribution de 5 millions d'euros à don pour l'initiative "Stabilisation et développement Socio-économique des Régions côtières Tunisiennes", qui vise à améliorer et diversifier les revenus de la population cible (jeunes, pêcheuses et femmes) dans les gouvernorats de Gabes et Médenine à travers le renforcement des filières productives côtières en consolidant les organisations, les capacités de gestion, les connaissances et les compétences, en améliorant les services et les infrastructures et en promouvant nouvelles opportunités de travailles des acteurs impliqués dans le respect de l’environnement. Enfin, le Mémorandum d'Entente 2017-2020 consacre 45 millions d'euros au crédit d'aide destiné à soutenir les investissements prioritaires dans les infrastructures aux niveaux régional et local. Les négociations correspondantes pour la définition des détails des opérations à financer sont en cours.

Parmi les initiatives en phase de démarrage il faut mentionner le projet "SELMA – SoutiEn à l’agriculture Locale, à la Micro-entreprise et à l’Autonomisation des femmes et des jeunes en Tunisie ", réalisée par l'ONG italienne ARCS et qui vise à répondre aux problèmes d'abandon des productions agricoles familiales, perte de biodiversité, stress sur les ressources naturelles et augmentation des mauvaises habitudes alimentaires vécus dans les périphéries urbaines du gouvernorat de Ben Arous, à travers la création et le développement de micro-entreprises et d’un pôle de diffusion de production et de consommation agroécologiques.

Ci-dessous quelque unes parmi les fiches des projets du secteur développement local et décentralisation:

                                                                     

 

Éducation et développement social

En ce qui concerne le secteur de l'éducation, la coopération italienne soutient la stratégie et la voie adoptée par le Ministère tunisien de l'éducation avec l'adoption de la réforme du système éducatif, afin de réduire les facteurs qui influencent l'abandon et l'échec scolaire, avec le renforcement des infrastructures scolaires, y compris les toilettes, les aires de jeux et les cantines scolaires. Après la signature du nouveau Mémorandum, les deux homologues se sont engagés à soutenir le système d'éducation publique, en particulier pour l'éducation de base.

En 2017, les initiatives à don envisagées dans le mémorandum ont été approuvées, en particulier celle concernant la qualité du système éducatif de 4,6 millions d'euros, mise en œuvre par l'Unicef ​​et celle consacrée à l'amélioration de l'éducation scolaire de 2,5 millions d'euros, réalisée du Programme Alimentaire Mondiale (PAM). Le nouveau programme bilatéral pour l'amélioration des infrastructures et des services éducatifs est également en cours d'identification, consacré en particulier à l'éducation de base, qui sera financée par un crédit d'aide de 25 millions d'euros.

Ces investissements interviennent en synergie avec des autres initiatives consacrées à la protection des enfants, au renforcement du secteur d’éducation primaire et de la culture, à la lutte contre la pauvreté et aux disparités socio-économique, à la promotion du rôle des femmes, au consolidation des relations avec la migration tunisienne vers l’Italie et au soutien des personnes handicapées. L’objectif de ces actions sera celui de contribuer à la mise en œuvre des actions politiques pour la création d’un modèle inclusif de développement, basé sur les règles d’équités et de justice pour la distribution de richesse.

Dans le domaine social, l'AICS finance plusieurs intiatives visant l'inclusion des persones defavorisées et avec disabilitées. En particulier, avec un budget de 1,3 millions d'euros l'AICS travail avec le Ministére des Affaires sociales tunisiens et l'ONG italienne AIFO pour la mise en oeuvre de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes avec disabilitées. Enfin, il y a à mentionner l'initiative en phase de démarrage "Je commence par toi", qui sera réalisée par l'ONG italienne COPE et qui vise à renforcer l’inclusion sociale des personnes avec disabilitées par la formation des formateurs dans les écoles, par l’organisation d’activités sportives et des pièces de Théâtre inclusif.

 

Ci-dessous quelque unes parmi les fiches des projets du secteur éducation et développement social:

 

Migration

Après la signature du Mémorandum 2017-2020, la question des migrations est devenu partie des priorités de l'action de coopération italienne en Tunisie. Trois initiatives sont actuellement en cours. Le premier est dédié à la stabilisation des populations du nord-ouest et du sud-est de la Tunisie, avec un fort potentiel migratoire. L'initiative vise à améliorer le contexte socio-économique des régions, à travers la création d'emplois et l'implication de la diaspora tunisienne en Italie. La mise en œuvre du projet est confiée à l'OIM pour une valeur de 2,9 millions d'euros.

La deuxième initiative vise le renforcement et la protection des travailleurs migrants, à travers des actions à mener au niveau régional impliquant la Tunisie, le Maroc, la Libye et la Mauritanie à travers un prêt de 2,4 millions d'euros à l'OIT. Le troisième concerne le projet de l'ONG CIES, qui a pour objectif l'inclusion sociale des migrants.

 

Ci-dessous la fiche de synthèse des projets du secteur migration: