Le secteur des services bancaires et financiers constitue un pilier fondamental du développement économique d’un pays, en particulier pour les petites et moyennes entreprises (PME), qui représentent l’épine dorsale de l’économie.
En Tunisie, les défis structurels — tels que l’accès limité au crédit, dû à des taux d’intérêt élevés, à des produits financiers inadaptés, à l’absence de garanties réelles, à l’insuffisance de fonds propres, etc. — nécessitent des interventions ciblées afin de favoriser l’inclusion financière et de soutenir la croissance du secteur privé. Dans ce contexte, la Coopération italienne a joué un rôle de soutien crucial, contribuant au renforcement du système financier tunisien à travers des lignes de crédit à conditions préférentielles destinées à plusieurs secteurs stratégiques. Ces lignes ont facilité l’accès au crédit pour les PME et pour des secteurs productifs clés tels que l’agriculture et la pêche, en injectant des liquidités dans le marché tunisien et en permettant aux banques de renforcer leur capacité de financement.
Ces mécanismes ont été activés grâce à une étroite collaboration avec les institutions financières tunisiennes, publiques et privées, la Banque centrale de Tunisie et d’autres entités locales, contribuant ainsi à créer un environnement propice à la croissance économique et à la création d’emplois. Une attention particulière a également été portée aux petites entreprises, souvent exclues du système bancaire traditionnel, à travers l’introduction d’instruments innovants tels que les subventions couplées aux crédits. Des programmes comme PRASOC et ADAPT en sont des exemples concrets : grâce à des incitations financières ciblées, ils ont rendu le crédit plus accessible et plus soutenable pour les acteurs économiques les plus vulnérables.
La même dynamique s’observe dans le secteur du microcrédit au Maroc, qui a connu une croissance significative au cours des dernières décennies, devenant un instrument essentiel du développement économique et de la lutte contre la pauvreté. L’Initiative nationale pour le développement humain, lancée en 2005 par le Roi Mohammed VI, a joué un rôle fondamental dans la promotion du microcrédit comme levier d’amélioration des conditions de vie des populations les plus vulnérables. Le microcrédit au Maroc est particulièrement pertinent dans les zones rurales, où l’accès aux services financiers traditionnels demeure limité. Cet instrument a permis à de nombreuses personnes de créer de petites entreprises, améliorant ainsi leurs conditions économiques et contribuant au développement des communautés locales. Il a également favorisé l’inclusion financière des femmes, qui représentent une part significative des bénéficiaires.
Depuis 1988, la Coopération italienne a financé 10 lignes de crédit en faveur des petites et moyennes entreprises tunisiennes, pour un investissement global d’environ 350,5 millions d’euros et 80 millions de dollars. Ces instruments ont permis de financer près de 1 000 opérations et de créer environ 16 000 emplois.
